





Exposition itinérante
Les Animaux fantastiques
du Poitou-Charentes et Vendée
Chaque fois qu’un enfant dit : «Je ne crois pas aux fées»,
il y a quelque part une petite fée qui meurt. - J.M Barrie.
Connaissiez vous la Libouine, petit animal fantastique qui se glisse dans les fossés immergés, de la Vienne jusqu’en Saintonge ? Saviez-vous que le bitard était un petit animal facétieux d’abord cantonné à la forêt de Ligugé, mais qui a su coloniser la Charente-Maritime et le Marais Poitevin ? Que l’on retrouve la Bigorne de Chauvigny jusqu’en Vendée ? Il existe un bestiaire fabuleux propre au Poitou-Charentes (avec l'ancien bas-Poitou ; l'actuelle Vendée), largement méconnu et aujourd’hui menacé d’oubli. On y croise la Libouine, qui glisse dans nos rivières, la Louère, autrefois chassée pour sa fourrure précieuse et que l’on ne peut croiser que par grands froids, ou encore la chabinelle qui, à l’instar des Bigornes et autres Bigaudes, se tapie dans la mare pour entraîner l’enfant imprudent dans ses eaux. Ce ne sont là que quelques exemples parmi plus de vingt-cinq créatures recensées.
Cette exposition fait un inventaire naturaliste de ces animaux fantastiques en voie de disparition, relatant les moeurs et les bizarreries répertoriées, les replaçant dans nos forêts, nos cours d’eau et nos champs où, si la mémoire nous revient, ils s’y inviteront encore longtemps...


Les ornithorynques locaux – imaginaires de surcroît – n’ont pas toujours la délicatesse de poser pour la dessinatrice. Ils vivent principalement dans les mémoires, dans les récits de traditions populaires, dans quelque dictionnaire de patois. Amandine les piste comme d’autres suivent des empreintes en forêt. Elle recoupe les sources, compare les variantes, cherche le détail qui fera basculer le dessin : une paire de cornes oubliée, une queue de poisson, une manière bien particulière d’effrayer les enfants ou de courir les marais. « Au début de cette quête, je dessinais d’abord en me demandant : «À quoi peut bien ressembler une libouine ?» et je commençais mes premières esquisses. Puis je tombais sur une description qui contredisait mon hypothèse et tout était à refaire. A présent, j’attends d’avoir suffisamment d’éléments et de descriptions avant de m’aventurer dans le dessin.»
Entre collecte ethnologique et invention graphique, chaque animal réclame sa part d’attention. Le trait s’affine progressivement dans les carnets et sur les toiles d’Amandine, jusqu’à ce que la créature trouve une silhouette suffisamment crédible.
Pour cette médiatrice scientifique, ces Pokemon endogènes ne sont pas seulement des fantaisies campagnardes. « Derrière leurs plume ou leurs grands bras se cache une mémoire populaire. Certains servaient à se moquer d’un type un peu trop vantard, d’autres à agrémenter les longues veillées, beaucoup avaient aussi et surtout pour mission d’éloigner les enfants de dangers. »
Avant l’éclairage public, l’imaginaire faisait office de signalisation. En donnant un visage à ces créatures oubliées, Amandine ne donne pas seulement vie à un bestiaire, elle réveille une manière d’habiter le territoire, où les paysages étaient peuplés d’histoires autant que d’animaux.
« Ce qui m’intéresse c’est d’explorer comment ces créatures racontent des milieux, des relations, des usages, des peurs qui circulaient autrefois. »
Amandine n’en a pas fini de son inventaire, son bestiaire reste à compléter. « Durant ma résidence, j’ai découvert qu’il existe des endroits où les traces sont plus difficiles à retrouver. Le littoral en est un : j’ai pour l’instant trouvé beaucoup moins d’histoires d’animaux fantastiques marin, poisson ou autre mammifère endogène. Il y a peut-être des choses qui existent, mais elles sont moins documentées, moins transmises. Évidemment, ça me donne envie de continuer. »
Avis aux amateurs : Amandine cherche des bébêtes errant sur les falaises, les estrans et les pertuis.
Prenons donc date.
On reverra l’illustratrice sur nos côtes, avec son muséum imaginaire.
«
»


Exposition - Technique
- 8 panneaux dibond (intérieur/exterieur) 60/80cm
- 3 panneaux horizontaux
- 5 panneaux verticaux
- Un cabinet de curiosités d’animaux fantastiques
- empreintes et plumes de bitard, mue de cocatrix, crane de pictalon, bois de libouine...
- carnets de recherche de l’auteur
- planches de développement du poussin de cocatrix et des premières années
- Une reproduction de Bitard en volume et grandeur nature, en papier-terre peint (interieur)
- Une carte ancienne du Poitou et des Charentes (dont bas Poitou : Vendée) de répartition des animaux sauvages fantastiques
















Ateliers








































Cadavre exquis, travail autour de la silhouette, collages, expressions libre... Des ateliers graphique existent pour découvrir ce bestiaire fantastique.
Tout public (toutes tranches d'âges, ateliers en Ehpad également)








Philippe Guerry